Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Divergente

Dans un monde post-apocalyptique, la société est divisée en quatre factions : les Érudits, les Altruistes, les Audacieux, et les Sincères. Chaque personne a sa place et sa fonction.

Béatrice est une altruiste. Elle se prépare comme tous ceux de son âge au test qui déterminera son futur : un test qui lui attribuera la faction la mieux à même de lui correspondre. Mais l’épreuve se déroule mal. Elle est une Divergente, et ce statut la met en grand danger.

Plus qu’un groupe ou qu’une famille, la faction est un mode de vie qui règle les interactions et modèle le comportement. Les Altruistes, généreux et désintéressés jusqu’à s’effacer pour le confort des autres, sont par leur impartialité les personnes désignées pour gérer la société. Les Sincères ne peuvent mentir ; pour eux le monde est en noir et blanc. Il leur revient la qualité de juges. Les Érudits sont curieux, et les seuls à chercher et posséder la connaissance. Les Audacieux, braves et sans peur, vivent pour le risque et sont la police de la cité. Par cet ordre et cette attribution des compétences en fonction du caractère, le monde est protégé des conflits. Restent les sans-factions, ceux qui ne correspondaient à aucun groupe, ceux qui ont raté l’initiation d’entrée des factions, qui ne peuvent travailler, effrayants dans leurs différences, ignorés et craints, dont on évite de s’approcher.

L’idée de ces différentes sociétés crées autour de traits de caractère incompatibles entre eux est intéressante. On comprend vite l’impact de ces factions sur la façon de vivre, de penser, d’agir. En théorie, cela fonctionne très bien. Chacun a son rôle, une vie qui correspond au plus près à ses aspirations, la société est une mécanique bien huilée et tout est réfléchi pour le bien commun. En pratique, on s’attend tout de suite à trouver des dysfonctionnements. L’altruisme, l’érudition, l’audace et la sincérité sont exacerbés dans chaque faction et toute action hors des normes définies est mal vue. L’audace poussée à bout jusqu’à ce que le courage soit perverti en inconscience dangereuse et fierté mal placée, appropriation de la connaissance par les Érudits, sincérité jusqu’à l’impolitesse et le manque de discrétion…

Peu de mystère là-dessus, donc. Cependant, Veronica Roth parvient à nous surprendre, les informations sur les sans-factions et les divergents, distribuées au compte-goutte, nous accrochent, et le rythme de l’histoire est bien soutenu.

A côté de cela, on a un personnage principal simple mais efficace qui attire notre attention et mérite son titre d’héroïne. Tris est une jeune fille déterminée, courageuse et réfléchie qui ne correspond pas aux modèles standards et peine à trouver sa place dans les boites ordonnées de sa société. Ce n’est pas une rebelle, elle ne cherche pas la révolution, mais elle a le cran de se défendre et d’agir. Elle cherche juste à trouver sa place et est trop réaliste pour se mentir à elle-même – ou trop honnête peut-être, et c’est ce qui fait son charme.

Divergente
Veronica Roth
Nathan, 2011

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Cette entrée a été publiée le 4 mars 2014 par dans Critiques, et est taguée , , , , .
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