Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Astor, le riff de la rue

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Et si le rock avait été inventé au XIXe siècle par les gangs des rues ? Jouée par des parias, sur des instruments de fortune, guitares et percussions, c’est une musique puissante qui émerge, avec du rythme et du coeur, qui pourrait bien changer le monde.

1847, Brummigham. Astor Vance est envoyée par son beau-père chez les Swale, une des plus riche famille bourgeoise de Grande-Bretagne. Elle doit rencontrer son futur fiancé. Enchantée d’abord, la chute est brutale. Bien que de rang élevé, sa famille n’est pas riche, bien loin de la fortune des Swale. Au lieu d’un mariage, la voilà devenue gouvernante de trois gamins insupportables, pour qui le caractère vaut plus que le respect. Ne reste de son passé que le jeune Verron, ancien domestique de sa famille resté à ses côtés par obligation. Bien vite, la situation devient insoutenable, et Verron son seul réconfort et presque ami. Les gangs des rues qu’elle déteste tant sont peut être son unique espoir. Encore faut-il qu’elle parvienne à eux, et qu’elle réussisse à s’intégrer.

Loin de la quiétude des grandes maisons, la société est instable, violente et crasseuse. La guerre de 50 ans a laissé des miséreux dans la rue, des gangs et une milice désœuvrée et violente, et une ploutocratie plus riche que jamais. Dans la Zone, un rythme endiablé et nouveau résonne. Et derrière des portes closes, les partisans du parti du Progrès, fiers de l’industrialisation de leur pays, reprochent à la paix son manque de productivité.

Sa naïveté de jeune bourgeoise du XIXe quelque peu exaspérante au départ (et qu’elle doit, il est vrai, à son éducation conforme aux normes sociales de l’époque), Astor ne la gardera pas bien longtemps. Maintenant gouvernante et rabaissée par ses employeurs, elle se redresse et fait preuve d’ingéniosité pour s’adapter et survivre, et c’est une force mentale que l’on a plaisir à retrouver. Verron de son côté, bien que personnage secondaire, se trouve être plein de surprises – et on l’imagine facilement charmeur et débrouillard. Les rebondissement sont nombreux et bien amenés, avec une pointe d’action et de révolte.

Mais c’est cette société imaginée, surtout, qui est intéressante. Avec un passé commun au notre, à un détail près – un détail d’une assez grande importance pour faire diverger l’Histoire et réécrire le futur. En amenant un siècle plus tôt la naissance du rock, c’est une puissance fédératrice et contestataire qui émerge dans la rue, assez forte pour souder un peuple et lui donner de la voix.

Un roman qui mélange musique, histoire et action, pour un résultat agréable et intéressant. On regrette qu’il n’existe pas de bande son.

Astor, le riff de la rue
Richard Harland
Actes Sud, 2013

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Cette entrée a été publiée le 27 mai 2014 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , .
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