Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Eleanor & Park

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Tout a commencé à cause du bus. 

Elle était nouvelle, nouvelle et étrange avec ses habits bigarrés, ses cheveux roux, sa rondeur.

Lui est fils de parents mixtes, américain et coréen, fiché Asiat aux yeux des autres, seul non blanc du quartier.

Tous deux connaissent les règles pour survivre le lycée : ne pas paraître faible, ne pas traîner avec les faibles et les “outcast”, les groupes créés en début d’année ne changent plus. Dans le bus, c’est la même chose. Un microcosme de l’école. L’ordre des places en début d’année ne change plus, ceux qui ont pu garder une banquette pour eux ne la partageront pas.

Le destin (peut être) voulu qu’elle s’assit à coté de lui. Sans un mot, pendant des semaines, aller et retour sur le chemin de l’école. Et ils s’apprivoisent sans un mot, par comics lus au dessus de l’épaule de l’autre puis échangés, par cassette audios enregistrées.

Park Sheridan et Eleanor Douglas n’auraient pas pu être plus différents. Elle a du caractère et semble ne rien craindre, lui cherche à rester discret, sans ennuis. D’abord alliés réticents, ils deviennent amis, piliers l’un pour l’autre.

Mais tout n’est pas si simple. Car quelque chose cloche chez les Douglas, la cellule familiale d’Eleanor a été brisée, le beau père détesté l’a chassée de la maison. On lui a rouvert la porte de chez elle, mais ce n’est plus vraiment chez elle.

Elle est forte, et ils s’aiment, mais est-ce que ce sera assez ?

J’aime l’écriture de Rainbow Rowell. J’ai aimé cette façon de faire découvrir les personnages morceau par morceau, sous le regard de l’autre, leur façon de se découvrir petit à petit, au delà de l’apparence, des a priori. La première impression n’est pas flatteuse et les préjugés sont tenaces. Au delà de tout cela pourtant c’est un vrai lien qui se créé, un lien salvateur. Un reproche tout de même : j’espère que le racisme dans les propos d’Eleanor, et le regard peu flatteur de Park sur lui-même ne soient qu’un reflet peu reluisant de l’époque, et non un reste de préjudice dont l’auteur n’aurait pas conscience.

Au final, il reste une belle histoire d’amour, et peut être même une leçon de tolérance.

Eleanor & Park
Rainbow Rowell
Pocket jeunesse, 2014.

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