Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

L’Odalisque et l’éléphant

Quelle étrange histoire que celle de l’odalisque et de l’éléphant ! 

Dans un palais digne du plus beau conte des Mille et une nuits, plus riche et coloré encore, parmi les eunuques, les princes et princesses, les vizirs, pachas et autres califes, grandit une petite odalisque. Rêveuse, avide d’histoire, débordante d’énergie et de curiosité, elle est fort pu intéressée par la danse du ventre ou les innombrables titres du Sultan qu’on voudrait lui faire apprendre. Elle, dont les oreilles capturent par erreur le coeur du Vénérable et Inestimable, le Céleste et Grandiose Sultan. Or, parmi les divins et estimés cadeaux destinés au Sage et Puissant se trouve un majestueux, puissant, énorme et intelligent éléphant blanc, dont la présence trouble et chavire la jeune odalisque.

Je ne sais que penser de cette histoire. La petite Leila voit, pense et vit comme Shéhérazade conte et délie les mots. Elle construit des images à partir de rien et nous fait rêver. Pour un peu, on jurerait être en présence d’un de ces merveilleux contes d’antan, qui fleure la chaleur du désert, les couleurs chatoyantes de Moyen Orient, le goût sucré des dattes et des cornes de gazelle. Et quand l’on se croit emporté par l’émerveillement de l’histoire et par ses mots, une phrase, une expression décalée brise le tout. A renfort de paroles extraites de chansons d’amour brillant par le plat de leur texte, avec quelques acronymes volontairement décalés qui introduisent des LOL, OVNIS et autres MDR mal venus, petite références anachroniques, la magie se brise.

J’aime l’idée de l’histoire. J’apprécie tendrement cette odalisque qui s’échappe avec insouciance dans les couloirs du palais. Je m’émerveille devant l’illustration riche en dorures et couleurs. Je ne suis pas tellement dérangée par les anachronismes rencontrés dans mes lectures d’ordinaire, quand le ton et l’histoire s’y prêtent bien. Et même : l’idée d’une histoire hors du temps, et de vies vécues dans le désordre me plaît plutôt bien. Mais c’est l’accumulation de tous ces éléments, à quoi s’ajoute une chute un peu facile et décevante face au potentiel de l’histoire, qui rend la décision difficile. Est ce que je recommanderais cette histoire ?

Car j’ai rêvé grâce à elle, j’ai été emportée. Je suis retombée trop vite. J’ai été déçue. J’y repense pourtant avec tendresse.

Et puis, avouons-le : ce livre est vraiment un très bel objet. Alors faut-il se laisser tenter ?

»Lire un extrait ici ! «

L’Odalisque et l’éléphant
Pauline Alphen, illustrations Charlotte Gastaut
Hachette, 2014

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