Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Le Jour où la guerre s’arrêta

Un garçon sans nom, sans âge et sans mémoire. Lui qui peut lire les âmes de ceux qui l’entourent ignore tout de lui-même. Il entame un long voyage à travers le monde, à la recherche de quelqu’un qui pourra l’aider à renouer le fil de son existence. C’est l’humanité, dans toute sa violence et toute son injustice qu’il découvre. Il décide de faire taire les armes…

Conte, fable initiatique et hymne à la tolérance, c’est un bien étrange roman que compose Pierre Bordage. Un Petit Prince des temps modernes, parachuté sur notre Terre, ouvre ses yeux vierges sur le monde qui l’entoure et nous offre une contemplation de notre existence qui n’est pas très flatteuse.

La peur. Les réactions primaire face à l’inconnu. Pierre Bordage n’hésite pas à utiliser un langage cru et à choquer.

Violence, guerre, saleté, injustice, mort, rien ne nous est épargné. Ce drôle d’enfant, qui perçoit les désirs et motivations des hommes et ne connait aucune des règles de ce monde – qu’elles soient culturelles ou même physiques -, a tout à apprendre avant de pouvoir se trouver lui-même. Son voyage sans destination est un prétexte pour nous faire découvrir l’humanité.

Ce n’est pas une leçon plaisante. Intolérance, étroitesse d’esprit, fanatisme, manque de croyance ou peut être d’imagination, voilà ce que semblent partager les adultes, tout pays et cultures confondus. Seuls les enfant semblent capable de croire en l’impossible. Les adultes rationalisent tout, et quand aucune explication satisfaisante ne vient, ils renvoient l’inexplicable à la magie ou aux démons. Comme un rappel : l’Autre est menaçant.

Cet enfant n’a rien de commun. En même temps attachant, et si éloigné de notre humanité qu’on ne peut que contempler de loin son voyage initiatique à la découverte de
l’humanité et de lui-même. Il aime avec autant de force victimes et bourreaux, si semblables pour lui dans leur humanité. Et parce qu’il aime tant et ne comprend rien aux guerres, il souhaite un cadeau aux hommes : rendre obsolètes leurs armes. A eux d’en faire ce qu’ils en souhaitent.

Est-ce une leçon de tolérance ? Un message d’amour pour la paix ? Ou une vision pessimiste de l’humanité ? Un peu de tout cela à la fois.

A ne pas mettre dans les mains les plus jeunes, pour le langage cru et la violence de certaines situations, mais un bon roman pour faire découvrir cet auteur de science fiction.

Le Jour où la guerre s’arrêta
Pierre Bordage
Au Diable Vauvert, 2014

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