Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Au bord de la ville

Au bord de la Ville, ceux du terrain vague observent avec crainte et méfiance les longues dents blanches des tours qui les regardent de toute leur hauteur. Bien malgré eux, la dévoreuse les attire. Ceux qui partent vers elle ne reviennent jamais – les rares Revenants ne sont que créatures vieillies et décharnées, à moitié folles. Comme tous les autres, Sylvère, Podagre et Abilèn jouent aussi à se faire peur. Jusqu’à ce que Podagre ne résiste plus à l’appel de la Ville…

La Ville est cette terrifiante entité crainte et détestée, cette grande inconnue que ceux du terrain vague resservent à leurs enfants comme un grand méchant loup pour les faire tenir tranquille. Mais elle fascine beaucoup d’entre eux par son mystère – pas qu’ils ne soient si nombreux, à vivre des baies et des ronces, des plantes cultivées et des objets récupérés, résidus de la grande dentelée.

De l’autre côté du terrain vague, la vie est bien différente. Réglée autour de l’argent, monnaie d’échange pour tout. Seuls ceux des villes peuvent travailler, sur preuve de papiers indispensables. Le don et la générosités sont interdits, dangers mortels pour l’équilibre de la société.

Ceux qui enfreignent ces lois risquent le travail forcé dans ces hautes tours blanches, sans lesquelles la ville ne pourrait survivre…

Une dystopie intéressante et plutôt percutante, qui permet de faire réfléchir au fonctionnement de nos sociétés, sur les besoins de chacun, la recherche de satisfaction dans sa vie et les définitions multiples et personnelles du bonheur.

“Au bord de la ville, la nuit s’étale avec un pinceau. Son noir n’est pas très pur. Il se diffuse un peu de blanc et de jaune à l’intérieur, reflets de lumières lointaines dilués comme sur du papier buvard.
Devant la masse compacte de la ville, on distingue des hautes tours, très blanches. Vues d’ici, depuis nos cabanes, ces tours ressemblent à des dents gigantesques qui crèvent la peau de la nuit.
Une ville, c’est vorace. Parfois, je me dis que ça pourrait manger le ciel.”

Au bord de la ville
Roland Fuentes
Syros, 2011

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Cette entrée a été publiée le 29 mai 2015 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , , .
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