Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Une planète dans la tête

Dans la “Zone 7″, il ne reste presque plus de maisons debout. La
“Zone 7″, celle des impurs, des imparfaits, des pauvres gens. De ceux
que l’on dénonce pour une bouchée de pain et du confort en plus. C’est
là que vit Standish, avec son grand père. Ses parents ont disparu, comme
beaucoup d’autres effacés, tellement disparu que c’est comme s’ils
n’avaient jamais existé. Lui est loin d’être parfait. Dyslexique, c’est
suffisant pour subir brimades, remarques et coups. Jusqu’à l’arrivée
d’Hector, son nouveau voisin, prêt à rêver avec lui d’une planète vers
laquelle s’évader…

Je ne m’attendais pas du tout à ça.

Je
ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais, en fait. A un roman de
science fiction, très certainement, à une dystopie, à une histoire
d’amitié et de courage.

Pas à un roman presque historique, une
science fiction extrêmement proche de la réalité, qui cache sous la
fiction la vérité d’un régime totalitaire et le chemin que les puissants
sont prêts à parcourir pour embrigader la population sous son emprise.

Pas à quelque chose d’aussi sombre, aussi violent, aussi sobre en même temps.

Dans
une Patrie des années 50, toute l’attention de la population est
tournée vers un exploit technologique signe du succès de la Nation : la
drapeau de la Patrie sera bientôt planté sur la Lune. Les impurs ont été
effacés les uns après les autres, les dissidents n’existent plus et
n’ont jamais existé et malheur à qui dirait le contraire ou risquerait
d’en faire partie. Standish Treadwell ne rentre pas tout à fait dans les
cases, incapable qu’il est à 15 ans de lire et d’écrire. Mais s’il ne
lit pas, il ne pense pas moins – même, il rêve en grand, en technicolor,
collectionneur de mots tel qu’il est. Hector est un protecteur, un ami,
un frère pour lui. Mais comme ses parents, Hector a disparu, laissant
un grand trou vide derrière lui.

Une planète dans la tête,
récit coup de poing en effet. Roman percutant qui ne peut que faire
réfléchir, montrer toute l’horreur que cachent les régimes totalitaires
derrière leurs beaux discours, les mensonges cachés derrière la peur, le
mensonge organisé à échelle nationale. Ceci est un roman de science
fiction ; derrière ses lignes, c’est un mélange de guerre froide et de
seconde guerre mondiale que l’on reconnaît, dans toutes leurs
monstruosités.

Une planète dans la tête
Sally Gardner
traduit de l’anglais pas Catherine Gibert
Gallimard jeunesse, 2013

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Un commentaire sur “Une planète dans la tête

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