Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

L’Or bleu

Avant, il y avait l’or noir. Le pétrole pour lequel des nations s’entredéchiraient. Aujourd’hui il y a l’or bleu : l’eau, indispensable à la vie, est devenue plus rare et une ressource contrôlée. Bruce, qui a grandit dans une base spatiale entre Saturne et Uranus, découvre pour la première fois la Terre et sa sécheresse. Lui qui pensait profiter de ses vacances pour découvrir les dernières tendances des salles de jeu terrestres, il va se retrouver malgré lui confronté à la toute puissante Organisation de Survie de la Terre, dont le monopole sur l’eau cache un lourd secret…

Entre L’Or bleu et moi, c’est une vieille histoire littéraire. Celle d’un extrait étudié à l’école, dont on devait imaginer la suite, et qui m’est resté en tête pendant des années. Par hasard récemment, le titre m’est revenu en tête, et j’ai retrouvé l’ouvrage. L’occasion de découvrir enfin la véritable histoire qui se cachait derrière l’Or bleu, cette denrée rare plus précieuse que l’or noir n’aura jamais pu être.

Il se trouve que j’avais découvert Danielle Martinigol il y a peu, en lisant – et grand bien m’en a pris – un de ses derniers ouvrages jeunesse : Cantoria. J’avais trouvé l’histoire riche en trouvailles imaginaires, et un plaisir à lire. Je partais donc à la découverte de L’Or bleu avec un très bon a priori.

Ce qui explique probablement la légère déception ressentie.

Tout comme Cantoria, L’Or bleu est riche d’idées. Plus intéressant encore est son message, remettant l’eau au coeur des priorités des hommes, car sans eau rien ne peut survivre. Plus important, plus précieux que le pétrole – énergie non renouvelable mais remplaçable par une autre – l’eau est au coeur des préoccupations de cette Terre future. Une grande sécheresse et la pollution ont eu raison d’une bonne partie des réserves d’eau douce de la Terre, et les mers elles-mêmes se sont asséchées. Le problème est moindre dans les colonies spatiales, plus indépendantes que les citées terrestres. La sécheresse engendre la famine qui engendre des guerres – et des années après notre temps, nous suivons Bruce, habitant d’une des colonies au large de Saturne, qui découvre pour la première fois la Terre et est confronté à ses règles strictes et sa sécheresse.

L’histoire est intéressante et bien ficelée, choquante avec intention, dans l’idée de faire réagir ses jeunes lecteurs. Elle aborde en même temps de grandes question, sur l’écologie, l’exploitation des ressources, les monopoles des industries et grandes entreprises, les conflits de pouvoirs politiques qui affectent le reste du monde, un bon point de départ pour mener des réflexions plus poussées par la suite. C’est peut être là le problème : j’ai trouvé la construction très académique, l’enchaînement des événements un peu rapide, la résolution facile. Loin de ce que Cantoria m’avait fait découvrir, et ce que des années d’attentes m’avaient fait espérer.

L’Or bleu
Danielle Martinigol
Le Livre de poche jeunesse, 1989, 2008

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Un commentaire sur “L’Or bleu

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Cette entrée a été publiée le 24 juin 2015 par dans Critiques, et est taguée , , , , .
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