Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Wild girl

Tout est possible pour ceux qui entreprennent le long voyage vers l’ouest !

Se réinventer. Devenir quelqu’un d’autre, être libre. Milly Burnett est de ceux-là. Institutrice nouvellement installée à Tolstoy, elle espère y rencontrer des gens plus francs, plus vrais, plus ouverts aux autres. Et gagner une indépendance que la bonne société du Massachusetts ne lui auraient jamais permise.

Je ne connaissais pas encore Audren, dont j’ai pourtant rangé de nombreuses aperçu les ouvrages. Wild Girl, avec son titre, ses bottes rouges en couverture et son vent de liberté et de féminisme avant l’heure annoncée m’a tout de suite intriguée. Quoi de mieux pour découvrir un(e) auteur(e) qu’un sujet qui nous plaît déjà ?

Milly, avec ses 19 ans, son caractère décidé et ses rêves d’indépendances m’a tout de suite accrochée. Débarquée dans son nouveau lieu de vie, elle confronte ses espoirs et la réalité. Si l’ouest est plus libre, il n’est pas toujours plus tolérant, et certains préjugés ont la vie dure. Certains sont partis pour trouver la richesse, échapper à leur passé ou changer de statut ; et si l’on se lie aux autres, c’est parfois plus par obligation que par affinité. C’est la dure loi de l’ouest. On s’attache aussi plus vite, les sentiments. La proximité et la nouveauté exacerbent les sentiments, et les opportunités de rencontres si rares qu’on s’attache et espère plus rapidement. Cela crée des histoires et des cancans…

Il y a la femme de l’épicier, qui se rêve grande dame bien sous tous rapports, que la jalousie rend mauvaise et l’ignorance persifleuse. Il y a les enfants, attachants, rapidement charmés par cette nouvelle maîtresse attentive et rafraîchissante. Il y a Marceline, la voisine taiseuse mais sans chichis et généreuse. Finn, le beau garçon et Elwood le timide, captivés par ce brin de femme peu commun, gauche tous les deux en sa présence. Et Josh l’orphelin, le bandit à mauvaise réputation du village, qui souhaite apprendre.

L’Ouest, le Far West de 1867, c’est aussi l’absence de gouvernement, l’absolution récente de l’esclavage (1865), la justice rapide des Vigilantes, les tribus indiennes que l’on confine à des réserves sur leurs terres confisquées. Les saloon à plus ou moins bonnes fréquentations.

Dans ce roman d’apprentissage, c’est tout un condensé d’Histoire et de luttes pour les libertés que l’on découvre. On voudrait en savoir plus, aller plus loin, on reste un peu sur notre faim, mais on suit Milly avec grand plaisir.

Je ne suis pas encore conquise par l’écriture d’Audren, dons les changements de points de vue narratifs en certains points du récit m’ont parfois perturbés, mais je la redécouvrirai avec curiosité.

Un roman pour ceux qui ont aimé Calpurnia de Jacqueline Kelly et Miss Charity de Marie-Aude Murail, à partir de 13 ans.

Wild girl
Audren
Albin Michel, 2015
(Litt’)

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Cette entrée a été publiée le 29 septembre 2015 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , , .
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