Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Là où naissent les nuages

Coincée entre une mère avocate et un père chirugien à qui tout semble réussir, Amélia se sent pire que banale. Peut-être est-ce pour ça que lorsque son père, sur un coup de tête, propose un voyage humanitaire en Mongolie pour les vacances, elle s’entend répondre “pourquoi pas” ? Quand quelques mois plus tard, à la veille même du départ, son père est retenu en France, c’est le pire scénario possible qui se déroule. Elle, Amélia Atkins, rondelette, gourmande, pas spécialement aventureuse, va se retrouver seule à Oulan-Bator, face à des enfants des rues, une langue et des coutumes inconnues, et loin de son habituel confort. Une épreuve qu’elle n’est pas certaine d’être capable d’affronter…

Je ne connaissais pas encore l’écriture d’Annelise Heurtier, mais ses romans avaient fait parler d’eux. J’étais curieuse de voir pourquoi.

Dans Là où naissent les nuages, n’espérez pas rencontrer un rythme d’actions effréné, une histoire d’amour, une histoire d’horreur angoissante – ce que l’on trouve beaucoup en littérature ado. Ce roman n’est pas la rencontre avec les bas-fonds d’une société éloignée de la notre, effrayante, triste et sale qui nous ferait encore plus apprécier notre petit confort d’occidental. Ni un roman prise de conscience sensé montrer du doigt tout ce que notre société fait de mal.

Non.

Ici, nous allons à la rencontre de l’inconnu, tel qu’il est. Nous nous engageons dans l’humanitaire, au côté d’Amélia. Peut être pas pour les bonnes raisons – mais y a-t-il de mauvaises raisons de voyager à la rencontre de l’autre ? -, mais avec le courage d’aller jusqu’au bout de l’inconnu malgré la peur qu’il nous inspire. Bien sûr, l’arrivée n’est pas facile. Il faut s’accommoder à un autre rythme de vie, trouver une place dans une organisation déjà établie, apprendre à s’occuper d’enfants à la vie peu facile sans pitié ni dégoût. Mais c’est une expérience qui oblige à s’ouvrir aux autres, à mûrir, un petit peu, et à se surmonter. Pour soi-même et ceux que l’on souhaite aider.

Amélia n’est pas à l’aise dans sa peau, face à ses parents parfaits bien que souvent absents, des parents généreux – parce qu’ils donnent de leur personne et pas seulement de l’argent dans ce auquel ils croient -, des parents aventuriers, qui ont voyagé. Cette expérience va l’obliger à vivre pleinement dans le moment et dépasser ses propres barrières.

Le livre reposé, on a comme une envie de se dépasser soi-même en donnant de notre temps pour quelque chose de plus grand que nous.

Là où naissent les nuages
Annelise Heurtier
Casterman, 2014

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 11 octobre 2015 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , .
Follow Arcanes Ouvertes on WordPress.com
%d blogueurs aiment cette page :