Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Quelqu’un qu’on aime

Un grand-père touché par Alzheimer. Un petit-fils qui apprend du jour au lendemain qu’il est père. Un bébé – dix-huit mois et cinq jours, prénom : Amber. Une femme qui retrouve juste sa liberté. Un ado fugueur. 

Au début, ils ne devaient être que deux ; Gary et Matt, seuls sur les traces de Pat Boone, sa tournée de 1958, pour remonter le fil des souvenirs et gagner du temps sur la maladie. C’est une tempête imprévue qui les réuni tous les cinq, dans quelques mètres carrés de tôle, pour une traverse mémorable des Etats-Unis.

Après avoir lu Il était deux fois dans l’Ouest (et savouré sans savoir qu’ils étaient d’elle L’Oeil du pigeon et Tandem), et parce que j’avais entendu parlé du pitch de ce roman avant sa sortie, j’attendais avec impatience de découvrir Quelqu’un qu’on aime.

Petite remise en contexte : Quelqu’un qu’on aime fait partie de ce tournant de la collection Exprim’ des éditions Sarbacane, constaté depuis quelques temps pas les lecteurs et impulsé par l’éditeur. Des romans pour les plus grands, que l’on peut déjà savourer à l’adolescence, forts de rencontres, d’aventure, d’émotions. Et surtout, des personnages qui nous font vivre une expérience terriblement humaine.

Il y a beaucoup de choses à apprécier dans ce roman de Séverine Vidal. L’amour fort de Matt pour son grand-père (qui le lui rend bien). Son acceptation immédiate de sa paternité pour Amber – bien qu’il ignore encore tout du rôle de père. La détermination de Gary, tout comme ses faiblesses. Antonia qui se relève d’un expérience amoureuse ratée, et qui puise dans sa force, sa générosité pour accompagner au mieux ses compagnons de route. A côté, Luke aurait pu être un adolescent lambda un brin cliché, ou pire, une petit jeune égocentrique en pleine crise existentialiste de son âge – mais non, c’est un personnage a plusieurs facettes, comme les autres : avec ses fragilités, ses failles, et ses forces.

Je n’ai pas pleuré en lisant ce roman – bien que j’aurais pu. Mais j’ai été terriblement émue et transportée. Matt, Gary, Luke, Antonia, et toutes les rencontres en chemin, ont su mettre des mots justes sur du vécu et leurs émotions. Tous avec leur caractère, leurs expériences de la vie et leurs besoins ont pris le temps de s’ouvrir à ces inconnus qui ont choisi de faire un bout de chemin avec eux. Attentifs les uns pour les autres, accueillant avec délicatesse leurs sentiments. Et formant des liens forts, que seules des expériences partagées, hors du commun, et une proximité prolongée peuvent former. En cela, les road-trip sont d’incroyables ciments d’amitiés.

C’est un beau voyage à accomplir, à la recherche de moments passés ; un voyage qui a son tour crée d’importants souvenirs.

Quelqu’un qu’on aime
Séverine Vidal
Sarbacane, 2015
(Exprim’)

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Cette entrée a été publiée le 24 octobre 2015 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , , , .
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