Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

La 5e vague

Personne ne s’y attendait. D’abord, ce fut le ravitailleur, apparu du jour au lendemain dans le ciel. Personne ne savait ce qu’Ils voulaient, ni comment se déroulerait le premier contact. Puis tout s’est enchaîné, en quelques jours, semaines, mois ; quatre vagues dévastatrices d’une efficacité sans nom. Des milliards de morts. Et toujours aucune idée du vrai visage de l’envahisseur.

Cassie est peut-être une des dernières humaines survivantes, terrifiée et absolument pas préparée. Mais elle a fait une promesse, promesse qu’elle compte bien tenir. Sauver son frère. Quand on ne peut distinguer l’ennemi de l’humain, a qui peut-on encore faire confiance ?

La 5e vague, avec ses 594 pages en écriture fine, est un sacré gros pavé, du genre qui me fait hésiter à le lire par manque de temps, même si le sujet m’intéresse. S’il n’y avait pas l’annonce de son adaptation imminente au cinéma, pas sûr que je me serais lancée dans sa lecture.

Résultat ? C’est une vraie claque. Minutieux, qui exige une lecture attentive et lente, qui insinue le doute tout du long, avec la certitude qu’il n’y a plus aucun espoir. La couleur est donnée dès le premier chapitre : l’humanité est perdue. Si ce n’est pas la cinquième vague – dont on ignore la nature, mais qui fait frémir au vu de l’efficacité et du caractère imprévisible des quatre précédents – qui éradiquera les malchanceux survivants, ils entre-tueront eux-même. Car en l’état actuel des choses, on ne peut faire confiance à personne ; c’est tuer avant de se faire descendre, c’est la survie de l’individu avant l’appel de son humanité. Et ne plus croire en rien… c’est déjà ne plus exister.

Rick Yancey rend très bien ce cocktail d’émotions : la peur, le désespoir et la méfiance réunis. Ses nombreux personnages et les différentes visions des événements qu’ils apportent nous livrent par a-coups le déroulé des événements – de la première vague au temps présent. Parce qu’on est dans leurs pensées, on ne connait que ce que eux ont pu vivre et comprendre. Mais ils ne sont pas sources sûres d’informations, leur vision morcelée du désastre,  leurs avis ne sont pas fiables et nous font douter de tout, de tout le monde, de tout ce que l’on croit comprendre. C’est très bien exécuté, très bien donné à ressentir. On s’attache aux personnages, on se méfie, on aimerait les croire, on espère leur survie tout en ayant à l’esprit leur fragilité et la faible marge de réussite de leurs projets.

Quelques incohérences peut-être dans le récit, mais mineures et vite effacées – on est pris au jeu.

Maintenant, j’attend de voir ce que va donner l’adaptation. J’ignore s’ils arriveront à rendre l’ambiance de peur oppressante à l’écran, et s’il est seulement possible de restituer tout ce que les personnages traversent aussi physiquement que mentalement, car la majorité du roman repose sur l’introspection, la méfiance, les pensées, le ressenti. L’action, en comparaison, est minoritaire.

La 5e vague
Rick Yancey
Robert Laffont, 2013
( R )

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Cette entrée a été publiée le 5 novembre 2015 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , , .
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