Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Nora

Alors que ses parents sont en plein déménagement, Nora est laissée pour les vacances chez son oncle qu’elle connaît à peine, dans une ferme perdue en pleine campagne. Pour elle, c’est le bagne, l’ennui total et probablement des vacances gâchées. Jusqu’à ce qu’elle se trouve un endroit rien qu’à elle, dans le tronc creux d’un gros arbre, et que sa propre curiosité prennent le pas sur sa mauvaise humeur.

Sa voisine solitaire l’intrigue : pourquoi n’est-elle pas mariée ? et si elle était seule, parce que son amoureux à oublié de naître ?

Un déménagement, c’est un grand changement. Des choses que l’on quitte, beaucoup d’inconnus ; pas facile à vivre pour une enfant, et chronophage pour les parents. Alors, rester seule avec un oncle bien occupé est peut-être la meilleure solution, même si elle est loin de plaire à Nora.  La voilà avec beaucoup trop de temps pour elle et la liberté des grands espaces, propices pour s’intéresser aux autres, et aux grandes questions de la vie. Où est-on avant de naître ? Pourquoi certaines personnes sont seules ? Pourquoi la guerre ? Et la vie et la mort dans tout ça ?

 

L’imagination l’emporte, et la voilà réinventant l’histoire de la vie de cette vieille voisine, cherchant les raisons de sa solitude et le compagnon qu’il lui manque.

Un amoureux imaginaire qu’elle compte bien trouver, et qui deviendra son compagnon de jeux.

L’utilisation du sépia restitue superbement les émotions de Nora. Au départ, tout, l’intérieur de la maison comme le paysage semblent mornes et poussiéreux. Puis c’est l’attrait du dehors, de la liberté et une atmosphère de vacances que l’on retrouve, avec des teintes plus lumineuses. Et quand l’imagination s’en mêle, d’autres couleurs s’insèrent dans les cases. Un vrai gris de fantôme ; des traits légèrement bleutés propres aux esprits. L’arbre qui accueille les jeux de la jeune fille en son tronc est magnifique, sa cime abritant une porte vers un au-delà imaginé à hauteur d’enfant.

Pour une première bande dessinée, c’est très réussi. Léa Mazé maîtrise bien l’art de la narration par l’image ; elle raconte avec une économie de détails et un trait tout en rondeur un savoureux morceau de vie, répondant avec délicatesse à de grandes questions d’enfants.

 

Je laisserai au lecteur l’occasion de se plonger dans ce poétique récit d’enfance, pour des vacances pleines d’explorations et de nouvelles découvertes.

Nora
Léa Mazé
Les éditions de la Gouttière, 2015

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Un commentaire sur “Nora

  1. lespagesdesam
    25 février 2016

    Très bel article. J’espère avoir l’occasion de croiser Nora à la librairie ou à la bibliothèque !

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Cette entrée a été publiée le 10 février 2016 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , .
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