Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Maman, j’ai peur

Alors que Grégoire s’apprêtait à passer un été avec sa copine sans surveillance parentale, celle-ci a préféré des vacances à l’étranger. Le voilà seul à Boriro-les-Bains, sous la surveillance de sa soeur, plus occupée avec son copain qu’à passer du temps avec lui. Ce qui aurait pu s’avérer être des vacances mortelles deviennent les plus mouvementés de sa vie, quand il surprend Anca dans sa maison, en plein cambriolage….

Après Que deviennent les enfants quand la nuit tombe sur le racisme, et Camp Paradis sur les enfants soldats, Jean-Paul Nozière revient pour traiter d’un autre sujet fort : l’exploitation et le trafic d’enfants dans certains réseaux de l’Est. Un témoignage fictif pour présenter une réalité dure mais réelle.

Nous suivons deux narrateurs tout au long du récit. Grégoire, qui passe ses vacances seul avec sa soeur, dont le coup de foudre pour la jeune cambrioleuse découverte dans sa maison va chambouler entièrement ses projets et l’entraîner dans une histoire dangereuse. Et le journal de Téréza, qui nous livre sa vie chapitre après chapitre, arrachée à sa maison d’enfance pour régler les dettes de ses parents.

Les deux romans avec lesquels j’avais découvert Jean-Paul Nozière m’avaient laissé une forte impression, par leur sujet difficile mais particulièrement bien abordé dans leurs personnages et la construction de leur récit. Pour Maman, j’ai peur, mon avis est plus mitigé.

Parce que Téréza s’adresse à nous directement, à travers son journal où elle écrit à la première personne, son témoignage nous touche particulièrement. Il est surtout particulièrement crédible, dans son honnêteté, et les sources qui ont inspiré l’auteur sont malheureusement bien réelles.

Par contraste, l’histoire de Grégoire manque de réalisme, trop invraisemblable pour que l’on soit totalement crédule. Le lecteur a un regard beaucoup plus extérieur face à son coup de foudre, son obsession pour cette Anca dont il ignore tout, et l’enquête qu’il va mener pour la retrouver avec si peu de moyens. Surtout, comment un adolescent, même avec toute la bonne volonté du monde, pourrait-il seul sauver une jeune fille impliquée dans un réseau contre lequel même les forces de police ne font rien ? Dans un cadre moins réaliste, un univers comme Cherub, cela aurait pu être crédible ; ici, je n’ai pu m’empêcher de noter l’invraisemblance de son entreprise tout au long du récit. Sans pour autant m’empêcher de vouloir connaître la suite, pleine d’espoir et de doutes.

Rien que pour faire la connaissance de Téréza, et du quotidien de ces jeunes gens, ce roman vaut la découverte. Mais ce n’est pas tout à fait la pépite que j’espérais.

Maman j’ai peur
Jean-Paul Nozière
Editions Thierry Magnier, 2016

 

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