Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Le Garçon de l’intérieur

Le Garçon de l'intérieur

Le Garçon de l’intérieur

 

Un petit village alsacien, loin du tumulte des grandes villes. C’est le premier voyage en famille depuis que Jules a perdu l’ouïe. Mais ces vacances paisibles prennent un tout autre tour quand les vignes de la famille qui les héberge sont vandalisées… et qu’un inconnu perd la vie dans un accident de voiture suspect.

De Benoît Séverac, j’avais lu et beaucoup apprécié L’Homme-qui-dessine, une enquête policière au coeur de la préhistoire. J’étais curieuse de retrouver la plume de l’auteur dans un contexte quelque peu différent, dans l’ambiance d’un petit village viticole où tout le monde se connaît, dont les squelettes dans les placards sont bien gardés.

Jules est le héros de Silence, un roman qui avait bien fait parler de lui lors de sa sortie, et qui fut récompensé de plusieurs prix. On le retrouve ici neuf mois après l’accident qui l’a rendu sourd et ses conséquences. Depuis, il a appris le langage des sourds et a découvert cet autre culture, avec ses propres codes. Ses centres d’intérêts et ses moyens de communication avec les autres ont peut-être changés, cela ne freine en rien sa curiosité ni sa détermination. Avec Rémi, un sourd de naissance avec lequel il sympathise rapidement, et peut-être pour les beaux yeux de sa soeur Camille, il se lance dans l’enquête de cette mystérieuse affaire, quitte à déterrer des histoires vieilles de plusieurs générations.

On se retrouve plongé dans une histoire qui oscille entre enquête dans une région habitée par son passé, et relations familiales influencées par le handicap récent du héros. L’auteur prend le temps de glisser entres les recherches de Jules toutes les questions qu’il se pose face à sa surdité et son rapport aux autres. Lui qui est un « devenu sourd », doit-il renoncer à la parole pour communiquer avec les entendants ? continuer à oraliser pour son entourage ? Lui faut-il s’immerger pleinement dans le monde du langage signé pour trouver le bonheur ? Des questions que l’on n’envisage pas sans avoir côtoyé ou s’être intéressé à la communauté sourde.

Le roman en lui même, dans sa structure et sa narration est peut-être un peu trop scolaire : une mécanique littéraire maîtrisée, des informations qui semblent presque glissées pour la culture personnelle du lecteur plus que pour faire avancer le récit. Le héros nous est sympathique sans être extraordinaire. Néanmoins, il est agréable de voir un adolescent qui n’est pas définit par son handicap (même si évidement, celui-ci a un impact sur son quotidien). L’histoire est intéressante et sa lecture m’a beaucoup plu.

Le Garçon de l’intérieur
Benoît Séverac
Syros, 2013

(Rat noir)

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Cette entrée a été publiée le 26 septembre 2016 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , , .
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