Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

La Prédiction

La Prédiction

La Prédiction

 

Parmi tous les peuples nomades qui peuplaient les étendues sauvages, elles étaient celles qui inspiraient le plus de craintes aux coeurs des hommes. Car si nombre d’entre eux faisaient preuve d’adresse et de bravoure, elles avaient quelque chose que tous leur enviaient : l’art de monter à cheval.
Pluie était fille de leur reine, et fille du chagrin. Un jour, ce serait son tour de diriger ses soeurs ; mais avant que ce jour ne vienne, il lui faut devenir une femme, sur ces terres où sentiments et hommes n’ont pas leur place.

 

Tombée par hasard sur ce roman publié il y a dix ans déjà, j’ai tout de suite été intriguée par l’histoire. Les Amazones, guerrières mythiques dont on dit tant et connaît peu de choses, ont pour moi quelque chose de fascinant. On les présente comme combattantes accomplies, dont la simple vue sème la terreur chez l’ennemi, vivant à l’écart des hommes, les archères se coupant le sein pour mieux maîtriser leurs flèches… j’étais curieuse de voir ce qu’Alice Hoffman allait faire avec ce mythe.

Je n’ai pas été déçue.

Si La Prédiction n’est pas un coup de coeur, ce fut une lecture agréable, avec quelque chose qui tient du conte. On y découvre ce peuple fier, aux coutumes ancrées sur plusieurs générations, nées de la prouesse de leur première reine, qui fut capable de parler au cheval et d’en devenir la soeur. C’est du cheval qu’elles puisent leur force, et grâce à lui qu’elles demeurent libres sur des terres convoitées par bien d’autres.

C’est dans ce monde là que Pluie est née ; dans des circonstances tragiques qui lui ont données son nom, et peut-être à cause desquelles elle n’est pas tout à fait comme ses soeurs. Parce qu’elle est fille de la reine, un jour elle sera au dessus de toutes les autres. C’est pour cela qu’elle doit être meilleure, guerrière entre toutes les guerrières. Pour cela aussi qu’elle reste en marge. Or malgré son destin assuré, elle s’interroge et elle doute…

La Prédiction, c’est une quête d’identité, plus que des combats et de l’action. On y voit la dureté de ces âges, où ces femmes sont des exceptions dans un monde d’hommes où de nombreuses autres sont objets et esclaves. Dans ce monde âpre, Pluie doit trouver qui elle est. Prendre la place qui lui revient et supporter et perpétuer l’héritage des guerrières qui ont créé ce peuple. Faire preuve de bravoure et de férocité sans pitié. Ou creuser sa propre destinée parmi ses soeurs, sur ce territoire qu’elles défendent à la mort. 

La Prédiction
Alice Hoffman

traduit de l’anglais par Catherine Gibert
Gallimard, 2006
(Scripto)

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Cette entrée a été publiée le 9 octobre 2016 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , .
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