Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Scarrels

Scarrels

 

Tout commence une nuit pluvieuse – comme toutes les nuits à Regency. Luc, Abel, Jona et leur petit groupe se retrouve, comme souvent, dans l’ancien pénitencier. Ils sont loin d’être les seuls à avancer sous l’oeil attentif des Anges qui font régner l’ordre dans la ville. Mais ces derniers temps, l’atmosphère n’est plus tout à fait la même. Les Scarrels sont de plus en plus nombreux.

Mais cette nuit là, quelque chose d’inattendu s’est produit : un message est apparu sur un mur de la ville. Ce n’est que le premier…

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Je ne saurais trop que vous dire de ma lecture. D’un côté, j’ai trouvé l’histoire étrange, compliquée, avec beaucoup d’éléments qui restent en suspend et encore plus de questions. Je finis ma lecture avec un arrière goût de trop peu et un sentiment d’inachevé. Et de l’autre… j’ai bien aimé.

On entre dans l’histoire tête en avant, sans le moindre élément de contexte… à nous d’en découvrir et comprendre l’univers, proche et éloigné du nôtre en même temps. Il est difficile de visualiser le monde que forme Regency, avec ses codes, ses règles. On sent que tout cela se passe dans un futur potentiel, mais le reste : le contexte, les scarrels, le groupe que forme Luc avec ses amis se découvre presque par hasard au fil des événements. Parce que le narrateur connait tout de ce monde là, le seul qu’il ait jamais connu, il ne prend pas la peine de nous le présenter.

Le héros comme les autres personnages ne sont pas tendres. Bien au contraire ! Très vite, cela se ressent : il leur manque quelque chose. Une vision du monde plus grande que Regency, peut être ? Ou de la compassion. Quelque chose dans l’âme et l’esprit. Tout comme leur ville, ils sont détraqués.

 

Plus l’histoire avance, plus des éléments insolites, étranges, nous arrêtent. Les Scarrels d’abord : étranges choses sans conscience apparente, qui prolifèrent dans la cité sans que l’on ne sache trop comment ni pourquoi. Les Perles, qui auraient un statut particulier dans la cité. Les codes de cette cité, si bien intégré par chacun. Et puis les messages qui apparaissent, et qu’il faut apparemment retenir absolument. L’agencement même du récit est particulier : on se perd parfois entre le présent, et les rêves du héros qui prennent le pied sur la réalité.

Beaucoup d’éléments ne sont pas expliqués – ils nous apparaissent incongrus, mais seulement pour nous, qui espionnons ce futur. On ne sait pas où l’auteur veut en venir avec tout cela, peut-être aussi perdus que le héros dans cette quête dont les enjeux ne sont jamais entièrement dévoilés. Et c’est… captivant. Car on veut comprendre. On veut le fin mot de l’histoire.

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La plume de l’auteur, si elle est quelque peu déstabilisante, n’en est pas moins belle. Et si certains ont eu du mal à lire ce roman (ce que je comprend parfaitement, vu la construction du récit et le peu de données qui nous sont fournies au départ), je l’ai personnellement terminé en trois jours, lisant la seconde moitié d’une traite, impatiente d’arriver à la fin.

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Scarrels
(poésie pure)
Marcus Malte
Syros, 2017
réédition de 2008

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Cette entrée a été publiée le 9 mars 2017 par dans Critiques, et est taguée , , , .
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