Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Calpurnia et Travis

Calpurnia et Travis

 

Calpurnia,à douze ans. Seule fille d’une fratrie de sept enfants (certains particulièrement bruyants, d’autres plutôt mutiques, pour la plupart peu intéressants), elle partage un lien fort et exclusif avec la personne la plus captivante de la famille (d’après elle) : son grand-père, scientifique un peu rêveur, lié à la nature. Elle rêve de découvertes, de voyages, de plantes et animaux encore à découvrir. Si aux premiers jours de l’an 1900 l’avenir s’annonce plein de promesses, l’arrivée d’une cousine dans la famille et d’un vétérinaire dans le village vont chambouler sa petite vie tranquille.

.

J’avais adoré Calpurnia, paru il y a quatre ans de ça (déjà !). Je me souviens d’un coup de coeur immédiat pour la jeune Calpurnia, vive et curieuse, toujours son carnet de scientifique à la main dans lequel sont précieusement consignées ses observations et questions sur le monde qui l’entoure. « Une pépite de bonheur, de poésie et d’amour de la nature« , voilà ce que j’en disais à l’époque. Ma lecture remonte un peu maintenant, et je ne me souviens plus des détails, mais c’est avec ravissement que je me suis emparée de cette suite inattendue, dans sa belle couverture bleue.

Malheureusement, et c’est avec beaucoup de regret que je le dis, le charme n’a pas opéré cette fois-ci. Car l’histoire est un peu confuse ; plus qu’une histoire qui se suit, c’est un ensemble de petits épisodes que l’on découvre, centrés sur Calpurnia et donnant de temps en temps la voix à son petit frère Travis – le seul qu’elle trouve un tant soit peu intéressant, en grande partie pour son amour immodéré des petites et grosses bêtes en tout genre. Et s’il y a quelques fils conducteurs à l’histoire, assez tendre dans l’ensemble, je n’ai pas véritablement réussi à m’y intéresser. Il manquait quelque chose, sans que je ne saurais dire quoi, pour retrouver mon attachement à cette jeune héroïne.

Si l’ensemble du roman est assez simple – il pourrait convenir à un public plus jeune que le précédent il me semble -, il traite tout de même, en arrière plan, de sujets bien plus forts. Guerre de sécession, dont nous ne connaissons pas grand chose en France (et j’ai été bien surprise de me rendre compte que ce cher Grand-père avait fait partie des soldats confédérés – pour rappel, les États confédérés d’Amérique se positionnaient contre l’abolition de l’esclavage), traces d’antisémitisme chez certains personnages, éducation facultative et différente pour un garçon ou une fille, entre autres choses. Et l’on apprécie toujours son ancrage historique et scientifique : début de la machine à écrire, lignes télégraphiques plus communément utilisées que le téléphone, les théories darwinistes qui commencent à être reconnues, et un terrible ouragan qui a touché la côte Sud-Est des Etats Unis en 1900.

Ce n’est pas, en soi, un mauvais roman. Mais j’en attendais vraiment beaucoup trop – et le lire consécutivement à L’Île aux mensonges, un peu dans la même thématique mais pour un public un peu plus grand, n’était certainement pas une bonne idée.

.

Calpurnia et Travis
Jacqueline Kelly
traduit de l’anglais par Dominique Kugler
Ecole des Loisirs, 2017
(Medium)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 19 juin 2017 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , .
Follow Arcanes Ouvertes on WordPress.com
%d blogueurs aiment cette page :