Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Et je danse, aussi

 

Et je danse aussi

Pierre-Marie Sotto est un auteur reconnu qui souffre d’un sacré syndrome de la page blanche, et Adeline une fan parmi tant d’autres qui lui a écrit. Cela aurait pu s’arrêter là, à un simple échange de mail cordial et rapide, un manuscrit rapidement renvoyé à l’expéditrice sans jamais avoir été ouvert. Sauf qu’il y a un ennui dans la vie de l’un, depuis le départ des derniers enfants du nid familial, et une plume intrigante dans les courriers de l’autre. Que la curiosité s’en mêle, avec la facilité déconcertante de parler de soi à un(e) inconnu(e). Et parfois, il y a des secrets qui ont envie de se dévoiler, pour peu qu’une oreille attentive soit prête à les recevoir.

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Je poursuis ma lecture de l’oeuvre de Anne-Laure Bondoux gentiment mais sûrement, avec ce roman écrit à quatre main avec Jean-Claude Mourlevat (auteur que j’affectionne aussi, et que je retrouve toujours avec plaisir).

Mon dernier roman d’elle, La Vie comme elle vient, m’avait pas mal chamboulée ; et je viens de terminer un recueil de nouvelle de Jean-Claude Mourlevat, qui a su me faire frissonner sur l’injustice – ou la justice ? – de la vie. Et je danse, aussi, et un peu différent de ces deux histoires, mais pas tant que cela.

Il y a la maîtrise des mots, bien sûr, la maîtrise des sentiments par l’écrit, d’autant plus remarquable et remarquée que tout l’échange entre ces deux personnages se fait par correspondance (avec la bénédiction de l’aire internet). La rencontre de deux solitudes, de deux personnalités, deux vies riches en anecdotes qui ne demandent qu’à être partagées. L’évolution d’une amitié improbable commencée presque par erreur mais continuée par curiosité mutuelle.

Par ces lettres, qui éditent les vrais sentiments, qui arrondissent les angles, qui peuvent raconter ce qu’elles veulent sans rien laisser paraître des tourments, de questions, des événements vécus entre ces échanges, nous rentrons dans leur intimité – celle, en tout cas, qu’ils sont prêt à partager avec l’autre.

Et c’est doux, et fascinant, et émouvant aussi. On se laisse prendre au jeu, comme des voyeurs involontaires mais assoiffés d’en découvrir toujours plus, de plus en plus curieux des non-dits et des poussins égarés en chemin (jolie expression qui a bien du mal à nous lâcher une fois le roman terminé), de toutes ces histoires à venir dans les lettres suivantes et celles qui n’ont pas encore ou ne seront jamais rédigées.

C’est un formidable travail d’équipe qu’Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat nous ont offert. Et si je suis curieuse de savoir où commence la plume de l’un, et où se termine la plume de l’autre, comment ils ont réussi cette histoire à quatre mains et deux voix, je suis surtout ravie du résultat.

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Et je danse, aussi
Anne-Laure Bondoux, Jean-Claude Mourlevat
Pocket, 2016

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2 commentaires sur “Et je danse, aussi

  1. loiseaulit
    30 juin 2017

    Oh ce n’est pas souvent qu’on rencontre ce type de roman à quatre mains ! Je vais l’ajouter à ma liste de découvertes livresques 🙂

    Aimé par 1 personne

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