Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Homo sapienne

Homo sapienne

 

Ils sont cinq.

Cinq jeunes adultes du Groenland, qui traversent la capitale de soirées en soirées, noyant leur spleen et leurs crises existentielles dans la fuite et l’alcool.

C’est que la période est aux changements : de vie, de couple ; et aux révélations : de sexualité, entre autres choses. Des mutations intérieures dans une ville en mouvement, qui les enferme et libère à la fois.

Sans le salon du livre de Paris et son stand consacré aux éditions québécoises, ce livre des éditions La Peuplade aurait eu très peu de chance d’atterrir entre mes mains. Je n’aurais probablement pas eu la curiosité de découvrir Homo sapienne – et c’est une plume de talent qui m’aurait échappé.

Traduit du groenlandais à l’anglais puis de l’anglais au français, Homo sapienne est un texte voyageur qui vient changer tout ce que l’on croit connaître de ce pays. Point de grands espaces, de nature et de grands froids ici, mais une ville, une ville animée où les jeunes se mélangent et vivent jusqu’à l’excès.

En cinq chapitre s’expriment cinq personnages, liés ensemble d’une manière ou d’une autre par la vie, leur ville, les sorties. Ils ont en commun un même besoin de mouvement, un désespoir noyé par les fêtes et l’alcool à outrance, et des sentiments pas encore assumés, à la lisière de quelque chose. 

Cinq personnages, cinq voix différentes, parfois âpres, toujours percutantes, et mêlant à l’envie l’anglais à leur langue maternelle pour que le sens de leur mots soit en plus près de leur pensée – on ne s’exprime jamais tout à fait de la même façon, d’une langue à l’autre, et la colère semble encore plus violente en anglais.

Niviaq Korneliusen questionne la sexualité, la nationalité, le genre, l’appartenance à quelque chose. Son roman dit la recherche de repère, la peur et l’attirance de l’inconnu, les préjugés enfouis et le mal-être avec une verve moderne et brute. On est totalement pris au jeu.

Mon seul reproche peut-être est qu’il faut être un minimum anglophone pour appréhender les textes dans leur ensemble. Mais ce n’est pas une assez bonne raison pour passer à côté de ce roman et de ses personnages.

Une voix moderne, et une autrice à suivre.

Homo sapienne
Niviaq Korneliussen
Editions La Peuplade, 2017

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4 commentaires sur “Homo sapienne

  1. oursebibliophile
    28 mai 2018

    J’en ai entendu parler et ce livre fait clairement partie de ceux qui me font le plus envie en ce moment ! Et ta chronique confirme mon désir de le lire !

    Aimé par 2 personnes

  2. malecturotheque
    29 mai 2018

    La même que Ourse bibliophile : j’en ai entendu parler (hier, sur le site Komitid) et il m’a tout de suite fait très envie. Ta chronique me donne encore plus envie, d’autant plus que l’anglais ne me pose pas de problème donc je n’ai aucune raison pour ne pas le lire ! Mon anniversaire approche, je vais le mettre sur ma liste 😉

    Aimé par 1 personne

  3. Pingback: C’est le 3 juillet, je balance tout ! – Des livres et les mots

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