Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Ma vie dans les bois

A l’approche de la cinquantaine, Shin Morimura n’en peut plus : du rythme effréné du travail, de la recherche de succès, de ce mode de vie où tout tourne autour de l’argent. Alors du jour au lendemain, il plaque tout, achète un bout de terre en forêt, et décide d’y construire par lui-même sa maison en bois pour y vivre sans eau ni électricité, et le plus indépendamment possible. Imaginez un peu : un mangaka qui, après avoir passé trente ans à sa table de dessin, s’arme d’une hache et d’une tronçonneuse et se lance à l’assaut d’un espace sauvage pour y vivre en autarcie ! Une histoire improbable… mais vraie, et racontée en manga.

Je pensais réellement que le sujet ne m’intéresserait pas.

Le graphisme des personnages n’est pas celui qui m’intéresse d’habitude, trop caricatural quand j’aime les détails fins du manga. Et pourtant, il est tout à fait ce qui correspond au récit : des personnages rond et simple (mais pas simplistes), qui mettent d’autant mieux en valeur le travail des décors, des paysages et des constructions qui sont le réel intérêt de cette série.

En réalité, c’est un petit bijou, un ovni de par son sujet, qui raconte quelque chose de réellement fascinant. Pas le simple retour à la terre d’un homme, non : de ces récits on en trouve beaucoup, dans la littérature comme dans notre entourage, des personnes qui se forment et réapprennent à cultiver et produire leur propre nourriture. Ici tout va plus loin : le mangaka, lassé de la course à l’argent et à la réussite, décide presque sur un coup de tête de retourner à la nature : de construire lui-même sa propre maison dans les bois, en rondins, à la force de ses bras et de sa sueur, sans plan réel et à peine quelques formations. Voilà ce qu’il nous raconte : son cheminement, son labeur, la nouvelle vie qu’il s’organise à force de tests et d’erreur, une vie presque entièrement autonome dans un bout de forêt. Bâtir son chalet, l’aménager, établir son champ et s’y atteler tous les jours, partir à la cueillette de plantes sauvages, pêcher, conserver, faire son bois de chauffage…

On se prend au jeu et on est vite fasciné par le projet et sa réussite. Point bonus pour ceux qui désespèrent des séries longues, chaque tome contient sa propre fin ; les suivants s’achètent par curiosité, pour découvrir une nouvelle facette du projet, et fascinent tout autant, mais aucun suspens artificiel ne nous contraint à acheter la suite.

Ma vie dans les bois
Tome 1 :  écoconstruction
Tome 2 : alimentation
Tome 3 : fumage et fumées
Shin Morimura
Akata, 2017

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Cette entrée a été publiée le 9 novembre 2018 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , , .
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