Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

La Fille qui avait bu la lune

La Fille qui avait bu la lune

 

Il était une fois un village, coincé entre une forêt et un marécage. C’était un village prospère malgré les dangers alentours, car géré d’une main de fer par les Anciens. Mais cette tranquillité durement gagnée exigeait un sacrifice : chaque année, le dernier né du village devait être livré à la Sorcière de la forêt. Nul ne savait ce qu’il advenait du bébé abandonné – et tous, de toute façon, préféraient l’ignorer. 

Or…

Il était aussi une sorcière nommée Xan, qui menait une existence relativement paisible, au côté du Monstre du Marécage et d’un tout jeune dragon. Seulement, chaque année, elle sauvait d’une mort certaine un bébé que la triste cité voisine abandonnait dans la forêt. Et, chaque année, un de ces enfants trouvés était confié à une famille aimante d’un royaume voisin.

L’histoire aurait pu continuer ainsi, indéfiniment. Sauf qu’une année, sur le chemin du retour, l’enfant fut nourrie par erreur de lumière de lune ; un de ces rayons sucrés comme du miel et gorgés de magie. Dès lors, il n’était plus possible de s’en séparer.

On pourrait croire que La Fille qui avait bu la lune serait centré sur Luna, l’enfant élevée par la Sorcière. Une énième histoire de magie, avec une héroïne aux pouvoirs extraordinaires qui va sauver le monde.

C’est tout à fait différent.

La Fille qui avait bu la lune n’est pas l’histoire de Luna. C’est l’histoire du Protectorat, et du chagrin qui y flotte dans l’air comme une nuage invisible et pesant. Du garçon qui pose des questions et interroge les réponses qu’on lui donne. De la mère qui a refusé. De la Sorcière avec un grand S, une sorcière au grand coeur. Du monstre du Marécage, plus vieux que la magie même. Du Dragonus énormus qui ne s’étonne pas de vivre parmi tant de géants. Et de la fillette qui grandit au milieu du Marécage, élevée à l’impossible.

C’est une histoire de familles de sang, de coeur, de reconnaissance et d’abandon ; de magie, celle qui se cache au creux du front, celle qui sort incontrôlable de l’imagination d’une enfant, et la magie sucrée, entière et illimitée de la lune ; et de pouvoirs : magiques, bien sûr, mais aussi du pouvoir que l’on peut avoir sur les autres. 

Le récit est lent. Il prend le temps de se dévoiler, d’amener chaque élément et chaque personnage au bon endroit, au bon moment. Il pose son intrigue et son suspense avec délicatesse, et nous emporte dans son ambiance particulière.

La Fille qui avait bu la lune est une histoire magique, poétique, exaltante ; une histoire de contes où règne le merveilleux. Un de ces récits qui se construit par empilement de morceaux d’histoires et de destinées qui se croisent.

La Fille qui avait bu la lune
Kelly Barnhill
traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville
Anne Carrière, 2016

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