Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

The Hate U Give : la haine que l’on donne

The Hate U Give : La Haine qu’on donne

 

Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée privé (majoritairement blanc) situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête.

Succès phénoménal aux Etats-Unis, inscrit dans une actualité brûlante et un contexte de tensions toujours élevée entre la police et la population noire américaine, et avec une adaptation au cinéma annoncée dès 2018, The Hate U Give arrivait en France déjà couronnée de trophées.

Dans un contexte moins tendu (même si le passé colonial de la France est loin d’être négligeable, et le racisme institutionnel – ou non – n’appartient toujours pas au passé), et sans posséder les repères propres aux grandes villes américaines, leurs quartiers noirs, et les problèmes de gangs et de drogue – amplifiés par la facilité d’accès aux armes à feux –, est-ce que ce roman aurait le même impact chez nous ?

The Hate U Give fut une découverte. Une exploration d’un monde à des années lumière du mien (et des mes privilèges) : une héroïne divisée entre le quartier d’où elle vient, et le lycée blanc et friqué qu’elle fréquente ; les territoires des gangs, et les privilégiés qui jugent sans connaître ceux qui y vivent ; la violence des armes apprise très jeune, et leur résultats observés aux infos. Il y est question de courage, de fidélité à soi-même et ses racines, de révolte face à l’injustice, d’enfermement dans un même schéma social dont on peine à s’extirper.

L’écriture est directe, sans fioritures, très naturelle à la fois. Angie Thomas parle de ce qu’elle connait, et cela se ressent : ses personnages sont naturels, leurs émotions légitimes, il n’y a rien de forcé ou préfabriqué.

Je ne suis pas et ne serai jamais Starr. Je ne suis pas noire. Je ne me ferais jamais arrêter sans raison, je ne connaîtrai jamais la suspicion automatique liée à la couleur de ma peau. Je viens d’un quartier tranquille, et mon lycée l’était tout autant. Je ne connais pas le vrai bruit d’une arme.

Mais pendant près de 500 pages, j’ai été Starr, j’ai vécu par ses yeux, j’ai découvert sa vie, ses déchirements, ses amitiés. Je l’ai soutenue. Elle m’a parlé en face, franchement, sincèrement, et je me suis indignée avec elle et pour elle.

 

The Hate U Give : la haine que l’on donne
Angie Thomas
Hachette, 2018

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2 commentaires sur “The Hate U Give : la haine que l’on donne

  1. Shaya
    4 avril 2019

    Ca me paraît être un roman très intéressant en tout cas, il est toujours de se rendre compte de nos privilèges !

    J'aime

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