Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Un si petit oiseau

Un si petit oiseau

Abi avait un avenir tout tracé. Au terme de ses études, elle serait vétérinaire : son rêve de toujours. Jusqu’à l’accident de voiture, qui a emporté avec lui ses projets d’avenir en même temps que son bras.
Quatre mois plus tard, il lui faut tout reprendre depuis le début. Apprivoiser cette absence. Conquérir de nouveaux réflexes, apprendre de nouvelles habitudes. Affronter les regards. Maîtriser la colère. Aller de l’avant, trouver un nouveau but ? On n’y est pas encore.

J’avais découvert Marie Pavlenko avec Je suis ton soleil, une sacrément chouette histoire où la vie perce à travers les problèmes, où les larmes font place aux rires, et où la persévérance, une force de caractère insoupçonnée et quelques paillettes de chances suffisent à changer une vie. 

Un si petit oiseau explore un autre morceau de vie : celle qui continue après une amputation, le rapport au corps qui change brutalement, les nouveaux gestes à apprendre, le regard des autres, la douleur, la colère. C’est un deuil qu’il faut affronter, avec toutes les étapes qu’on lui connaît : déni, colère, marchandage, dépression, avant l’acceptation et la possibilité d’aller de l’avant.

Encore une fois, l’autrice frappe juste : son écriture est rudement humaine. On sent les émotions de son héroïne, les pensées noires qui gravitent, la cellule familiale qui rétrécit autour d’Abi, soutien apporté par chacun à sa façon, entre rire, solidité apparente, enthousiasme poussé, conflits. Rien n’est simple, car la situation est injuste et affecte tout le monde autour d’elle.

J’ai été perturbée par l’arrivée du point de vue des parents et de sa soeur sur quelques paragraphes au coeur du texte. Ils arrivaient de façon inattendue ; chacun d’entre eux m’a donné un instant de recul, le temps de comprendre que ce n’était plus Abi qui s’exprimait. L’introduction de leurs avis manquait d’une transition peut-être ? Ceci-dit, ils étaient intéressant pour voir l’impact réel de l’accident d’Abi sur ses proches, entre ce qu’ils montrent et ce qu’ils ressentent.

A part cela, j’ai été emportée par l’histoire.

Oui, c’est un peu facile, on voit ce qui va venir : les retrouvailles avec l’ami d’enfance, l’aide qu’il lui apporte, une béquille vers son nouveau départ, son retour à la vie. C’est cliché, mais pas un mauvais cliché, et pas seulement : parce que l’aide est mutuelle, finalement. Parce que la description des sentiments est assez fine. Parce qu’il n’est pas un sauveur miraculeux, mais un déclencheur.

Et, je l’avoue, j’ai passé plusieurs courtes nuits pour finir ce roman, impossible à lâcher une fois la première moitié du roman passé (à cause d’événements dont je ne peux parler sans dévoiler trop mais qui m’ont emplie d’énergie).

Peu importe comment on commence les romans de Marie Pavlenko, on les finit avec l’amour au coeur, et le souffle qui s’échappe et revient d’un coup, en une grande respiration. Incontrôlable et salutaire.

Ses romans explorent la vie. Une renaissance.

(Et maintenant, je veux partir en montagne, randonner, et étudier les oiseaux.)

Un si petit oiseau
Marie Pavlenko
Flammarion jeunesse, 2018

 

Un commentaire sur “Un si petit oiseau

  1. Usva K.
    1 mai 2019

    Complètement d’accord avec toi ! Un livre immensément humain ! ♥

    Aimé par 1 personne

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