Arcanes Ouvertes

Critiques et avis sur la littérature jeunesse

Dix

Dix, Marine Carteron

Dix

 

Ils sont dix, dix participants d’une émission de télé réalité littéraire d’un tout nouveau genre, dont la production est plus que mystérieuse. Sept adolescents plus trois adultes pour les encadrer, sur une île coupé du monde, sous les lumières des caméras. Mais les règles du jeu ne sont pas celles qu’on leur a donné, et dans ce manoir loin de tout, personne ne les entendra crier…

Reprendre le chef d’oeuvre de la reine du crime pour le réinventer à notre époque ? Voilà un défi de taille ! Fort heureusement Marine Carteron s’en sort avec brio.

On pouvait craindre un simple copier coller de l’histoire d’origine, mais l’autrice est parvenue à reprendre ce qui fait le sel des Dix petits nègres pour le réinventer dans un cadre un peu plus moderne. On garde l’île isolée du continent, un petit groupe de personnes qui ont tous quelque chose à cacher et des motivations pas toujours très nettes, une certaines mise en scène, et bien sûr une suite de crimes. Ceux-ci, par contre, sont plus spectaculaires que dans mon souvenir : âmes sensibles s’abstenir !

L’émission de télé réalité, raison pour laquelle ces dix personnes se sont retrouvées sur l’île, n’est pas qu’un simple gimmick. C’est la trame qui lance et conduit l’ensemble du récit, et la raison de ces mises à mort particulièrement sensationnelles dont nous, lecteurs, sommes les voyeurs : spectateurs impuissants et fascinés. Une mise en abyme en quelque sorte…

Autre point et non des moindres, la présence de chaque participant à ce jeu macabre est parfaitement expliquée, et sans entrer dans des détails révélateurs, l’autrice parvient à montrer et suggérer ces raisons sans entrer dans un voyeurisme néfaste, cette curiosité malsaine de faits divers (ce qui n’est pas toujours le cas dans les médias, ni sur papier ni à l’écran).

Le rythme du récit captive tout à fait l’audience, et on se prend au jeu : de deviner qui sera le prochain sur la liste, et bien sûr l’identité du coupable. Marine Carteron nous réserve dans le lot quelques surprises, et si l’on ne parvient pas tout à fait à la stupéfaction du récit d’origine, on est tout de même plutôt baladé jusqu’à l’apothéose finale.

La toute fin est peut-être un poil rapide ? Mais c’est vraiment mon seul regret.

Dix
Marine Carteron
Rouergue, 2019

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Cette entrée a été publiée le 14 novembre 2019 par dans Critiques, et est taguée , , , , , , , .
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